Ludwiblog

10/11/2008 - Moi et les cons

Une fois n'est pas coutume, je vais parler de moi.

J'ai un rapport que je crois très particulier avec la connerie humaine qui m'entoure comme elle entoure chacun. Explication.

Je tolère parfaitement la connerie, je l'observe, je la regarde et l'écoute s'exprimer, je l'analyse un peu comme on étudie une bestiole sous le microscope. D'une certaine façon elle me fascine autant que l'intelligence, mais autrement ; je suis attentif au pouvoir qu'elle a de faire tache d'huile. Elle est pour moi, non un phénomène sociologique, étant tellement répandue, mais l'atmosphère même où nous respirons, elle baigne la société, elle est son rayonnement fossile à trois kelvin.
Attention, je ne méprise personne, et comme j'aime à le dire, on est tous le con de quelqu'un. Seulement, il faut reconnaître que certains font effort pour être le con de tout le monde. J'ai ma part de connerie comme tout un chacun mais la différence avec les vrais cons est que j'en ai honte et que je cherche à la dissimuler, alors que le con l'arbore, en pavoise, c'est sa fierté.

Voilà finalement qui définit assez bien les humains, non l'intelligence ou son contraire, mais bien la façon qu'a chaque humain de gérer sa bêtise.

Bref, j'ai pour la connerie l'indulgence que l'hôpital doit avoir pour la charité. Je fais avec, je m'en contente, je l'envie parfois quand je vois à quel point elle permet à ceux qui en sont dotés suffisamment, de bien vivre, d'être heureux, sûrs d'eux-mêmes et non remplis des doutes qui m'assaillent. Ce confort du con, je l'avoue me rend jaloux. Mais là encore, j'ai honte, je me cache.

Non je n'ai rien contre les cons.

Le problème est que les cons ont quelque-chose contre moi.
Certes, je ne suis pas le seul. Tout le monde a eu une ou plusieurs fois affaire à des cons, mais j'ai l'impression que chez moi c'est caricatural. C'est comme si les cons étaient incapables de me supporter ; ma seule présence les indispose, et il semble qu'elle les oblige à exprimer leur connerie avec une force décuplée.
Toute ma vie, par périodes, j'ai eu maille à partir avec des cons, des vrais, des bas de plafonds fiers de l'être. De ceux qui sont tellement cons qu'ils se permettaient de penser que j'étais plus con qu'eux. Parce que, c'est connu, pour penser que tous les autres sont cons, il n'y a pas mieux que les vrais cons.

Mais le pire est qu'en même temps que cette connerie s'exprimait également leur méchanceté, laquelle comme on sait est le côté face de la connerie. Or, j'ai peut-être mes défauts mais je suis un gentil. J'ai à chaque fois opposé à cette connerie agressive et militante la force, pas si dérisoire que ça, de ma totale inertie. Ma présence les insupportait ? Je ne bougeais plus d'un pouce. Je me suis découvert avec le temps une vocation de sangsue ou de pou, accroché à sa place avec une apparente insensibilité à tout. Je suis devenu un mur pour l'agressivité des cons ; ils s'y usent. A quinze ans, j'en bavais mais je tenais bon. A trente ans, je traitais ces cons et leurs actes avec un mépris glacial. A cinquante, je leur souris de commisération et les écrase dès que je le peux.

Combien ont-ils été à se jeter sur ma frimousse en croyant à une proie facile ? Je pourrais en remplir un autobus. Peut-être pas, mais un taxi indien sans problème. Ils représentent tout ce que je hais : l'égocentrisme, la surestimation de soi, la capacité à haïr, la puissance destructrice, l'incapacité à agir sans calcul... Alors, j'en cite quelques-uns, Dominique, Gilles, Bernard, Stéphane, où en êtes-vous ? Vous avez rebondi sur moi comme une auto tamponneuse et vous en êtes repartis groggy et écoeurés. Mes regards vous ont suivis alors que vous vous éloigniez en maugréant contre moi, et j'en ai ri.

 

Mais j'ai aussi et comme tout le monde, des amis. Or, il s'avère que mes amis sont aux antipodes de ces crétins arrogants, aux dents longues souvent, que mon indifférence marmoréenne a fini par décourager. Mes amis sont brillants, cultivés, bourrés d'humanité, généreux, indulgents, ils mettent au-dessus de tout le bien à faire au sort commun, ils ont du talent, de l'humour, et ne mettent jamais leur personne plus haut qu'elle ne mérite de l'être.

Moi qui n'ai pas toutes ces qualités - sauf l'humour peut-être mais que faire avec ça quand on n'a pas le reste ? je regarde ces gens qui m'entourent, et ils me rassurent sur le monde et sur moi.
Alors, j'en cite quelques-uns : Milan, Eric, Pascal, Patrick, Michel, Jean-René, Sandrine... Je vous dis merci d'exister. Les amis que j'ai je suis fier de les avoir.
Et finalement, les ennemis que j'ai, je n'en suis pas moins fier.

Je dois être un peu con.

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11/11/2008 - Vive Courteline!

Posté par BizigDu
"Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet"
c'est ça aussi la g-astronomie :)
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12/11/2008 - C'et suis qui di qui laid

Posté par Giles & Dominique
d'abord ...
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12/11/2008 - Hum ...

Posté par Stéphane et Bernard
wah lautre il a écri con sur le blog sa crin de boudin jvé le dire aux webmastere !!!
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12/11/2008 - Les impolis et moi

Posté par Dominique et Bernard
en plus on dis "les con et moi" et pas "moi et les con" si on n'et poli d'abord
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13/11/2008 - Mwarf

Posté par Ludwig
:-)
:-)
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Ludwiblog publie les lundis et jeudis, depuis l'éditorial jusqu'à la fiction,en une page A4 maximum. Parfois même quelques vers. Exercice d'écriture, humour, confrontation aux regards, échanges d'idées, d'indignations et de sourires.

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