15/03/2009 - Profils psychologiques particuliers
Je déteste toute catégorisation. Personne me connaissant si peu que ce soit ne pourrait me soupçonner d'un tel travers (de porc).
Cependant, je suis frappé de voir à quel point certains profils se retrouvent d'une personne à l'autre, et rendent les gens concernés prévisibles. Je ne peux parler que de ceux que je connais mais parmi ceux-là figurent le chrétien pratiquant, le compétent discret et l'égocentrique sympa.
Les chrétiens pratiquants que j'ai croisés étaient des gens adorables et profondément ennuyeux, prêts à donner beaucoup même à ceux qu'ils ne connaissaient pas, généreux, attentionnés, patients, riant de choses qui ne me faisaient même pas sourire et d'une naïveté désarmante.
Les compétents discrets ne paient pas de mine ; ils osent un timide sourire quand on les rencontre, parlent doucement, donnent peu leur avis, écoutent beaucoup, ne font pas assaut d'amabilité, frappent avant d'entrer... Quand on leur confie une tâche et une date de rendu, le boulot est fait nickel, un peu avant l'heure mais ils ne s'en vantent pas : ils attendent seulement la tâche suivante.
Quant aux égocentriques sympas...
Il m'en revient un en mémoire, mais il est si caricatural que j'ose à peine le proposer en exemple. Et pourtant, je retrouve de temps en temps ce profil qui est l'un des plus caractéristiques.
L'égocentrique sympa a un abord résolument jovial et ouvert. Il parle volontiers, vous emmène boire un pot à la première rencontre, parle de lui, raconte presque sa vie, sourit, plaisante, met tout le monde d'accord, parle fort, balaie les obstacles... Tout ça, au début.
Ensuite, l'égocentrique sympa, (en tous cas, celui à qui je pense), tombe progressivement le masque. Il parle de lui, mais ne parle que de lui. Il en est fier, toutes ses idées sont bonnes, celles des autres beaucoup moins ; s'il parle plusieurs langues, vous le saurez tout de suite. Il ramène la conversation à lui, à son expérience personnelle, qu'il juge passionnante, à son opinion, dont il s'étonne presque qu'elle ne l'emporte pas d'emblée.
Grâce à son potentiel de sympathie et à son large sourire, il entraîne avec lui d'autres personnes et leur confie des missions en laissant entendre qu'elles sont les seules à pouvoir les remplir. Mais il jette les gens comme des kleenex au premier problème. Son sourire disparaît alors et réapparaîtra plus tard comme par enchantement.
Dans les discussions, l'égocentrique sympa ne tolère aucune contradiction, même fondée, qu'il prend pour une offense personnelle. Il est rancunier et même vindicatif, et ne laissera jamais impuni ce qu'il juge comme un affront : l'avoir contredit, ou bien avoir de quelque manière porté atteinte à sa dignité. Tôt ou tard, si vous êtes dans ce cas, vous le reverrez.
Selon son intelligence il peut être très habile ou très maladroit. Dans le premier cas il est redoutable. Son égocentrisme déjà difficilement supportable en temps de paix, devient si un conflit éclate avec quelqu'un, une pollution pour l'ensemble de la sphère où ils évoluent. Le groupe humain organisé dont il fait partie peut en être mis en péril par son attitude, car ce groupe et son fonctionnement (auquel il a pu se rattacher tardivement), comptent bien peu pour lui à côté des griefs qu'il nourrit.
L'égocentrique sympa n'est pas sympa très longtemps, mais comme il n'accorde pas d'importance aux gens, il sait en changer aussi souvent qu'il le faut pour faire de nouvelles connaissances, les séduire et reprendre un nouveau cycle. Le gâchis qu'il laisse derrière lui est proportionnel à l'influence qu'il a pu prendre. C'est un virus, qui change d'hôte sitôt devenu indésirable.
J'ai connu trois de ces profils, et le plus drôle est que deux d'entre-eux, d'abord copains comme cochons, s'étant mal jugés l'un l'autre (car naturellement, vu leur égocentrisme, ils sont très mauvais juges pour autrui et ne cessent de se tromper), se sont trahis mutuellement et ont fini en guerre ouverte, accompagnés de mon sourire narquois.
La solution quand on en croise un est de s'en écarter, et si l'on peut, de le mettre en présence d'un autre. C'est aussi radical que la rencontre entre la matière et l'antimatière.
Je déteste faire des catégories d'individus, mais il est des cas où les catégories s'imposent à moi ; avec d'importantes nuances bien sûr. Et avec aussi la conviction de ne pas faire partie de certaines de ces catégories, et notamment celle des égocentriques sympas.
En effet, je suis égocentrique. Mais absolument pas sympa.
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