8/05/2009 - J'ai mangé une tonne et demie de fromage blanc
Incroyable !
Je mange du fromage blanc depuis plus de trente ans, tous les jours, soit à la fin d'un repas, soit au petit déjeuner. A ce rythme, je ne fais pas une semaine avec un pot d'un kilo. Jusqu'ici, rien que de très ordinaire.
Ce qui donne le vertige, c'est de commencer à calculer la quantité totale que ça représente avec les années. Un kilo par semaine, cinquante semaines par an (à l'étranger, on n'en trouve pas !) pendant trente ans, ça fait bien mille cinq cents kilos.
Une tonne et demie !
Je suis un monstre.
Mais on peut appliquer le même calcul à toute l'alimentation. Ainsi ai-je à raison de cinq cents grammes de porc par semaine et ving-cinq kilos par an, dévoré une tonne deux cents de viande de cochon.
Globalement, à raison d'un kilo de nourriture par jour pendant toute ma vie, j'aurai si j'atteins l'espérance de vie moyenne des français, englouti trente tonnes d'aliments.
Vertigineux.
Pour ça, il faut des sous. Et durant ma vie, en tenant compte des variations liées à la carrière, j'aurai touché en salaire environ neuf cent mille euros. Mais où cet argent a-t-il donc pu passer ? Pas chez le percepteur tout de même ? Quoique...
Quinze pour cent de ces sommes en impots directs, soit cent trente mille euros.
Vingt pour cent en TVA sur mes dépenses, soixante mille euros. Mazette.
Et encore soixante mille euros d'impôts locaux. Punaise.
Arrêtons de parler d'argent, ça va mal démarrer le week-end.
Parlons plutôt du temps qu'on passe à faire les choses : que l'on soit six mois dans sa vie sur le siège des toilettes, ne fait rire que parce que nous pouvons à notre guise fractionner cette durée.
Un automobiliste parisien moyen qui va travailler en voiture passe trois mois arrêté aux feux rouges.
Son voisin qui n'a pas de voiture mais prend les transports en commun, passe le même temps debout sur un quai. Pas de jaloux.
Chacun de nous se brosse les dents pendant quatre mois.
Une bonne ménagère passe deux semaines à touiller dans une casserole. Personnellement, j'aurai remué mon café pendant sept jours.
Un mauvais bricoleur passe une journée et demie à sautiller sur un pied en criant « Ouille ! Ouille ! Ouille ! »
Sauf s'il porte des mocassins, un homme ordinaire passe deux longues journées à attacher ses lacets. A peu près autant à se gratter les testicules. Huit jours à passer l'aspirateur, quatre jours à faire la queue devant une caisse, un guichet ou un distributeur. Une journée complète à chercher ses clés.
Moi-même, j'ai dépensé deux jours à contourner la clôture pour quitter mon ancien travail, parce qu'un abruti avait condamné la grille d'accès direct.
Un fumeur moyen passe dix sept mois à fumer et deux ans à tousser. Une femme normale passe trois jours de sa vie à engueuler son mari, et lui quarante ans à s'en foutre.
J'ai peur de passer finalement deux semaines à taper des conneries pour les publier sur Internet. Et toi trois jours à les lire.
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