20/12/2009 - Copenhague : deux degrés de plus en moins ?
Ai-je bien entendu ? Les trente pays qui ont signé à Copenhague ce que l’Histoire considérera comme une carte postale de groupe en vacances, se sont-ils vraiment engagés à réduire la hausse des températures du globe à deux degrés ? Ou bien n’est-ce qu’un raccourci journalistique de plus, une formule du même acabit que la désormais célèbre « Pluton ne fait plus partie du Système Solaire », d’il y a quelques années dans un autre domaine ? Un tel raccourci n’aurait rien de nouveau, les média comme on vient de le voir avec cet exemple, nous y ayant habitués. Pourtant, ils ne peuvent avoir totalement inventé ces fameux « deux degrés » sur lesquels porte aujourd’hui mon interrogation. Admettons un instant que ce soit vrai, et qu’un tel engagement ait vraiment été pris ; après tout, si ce n’est pas le cas, je n’aurai rien d’autre à faire que supprimer ce billet. Ainsi, les trente chefs d’état les plus puissants du monde se seraient engagés à rien moins que commander à la température de la Terre ? Mais dans quel monde vivons-nous ? Alors même que l’on n’a aucune idée de la part de l’homme dans l’actuel réchauffement – lequel date de douze mille ans – et que par conséquent on en a moins encore sur l’efficacité des mesures qu’on pourrait prendre, on prétend par un document rédigé à la va-vite et dans la frénésie d’un échec politique planétaire et qui n’a d’autre pouvoir que d’incantation, maîtriser tout simplement le climat du globe ? Les sorciers primitifs dansant pour faire tomber la pluie faisaient-ils autre chose ? S’il fallait une preuve que les gouvernants du monde entier prennent leurs citoyens pour des cons, celle-ci suffirait pour les siècles des siècles. Le plus demeuré supporter de l’OM ou du PSG sait, en hurlant des injures aux joueurs de l’équipe adverse, que personne fût-il Président du Monde, n’a le pouvoir de forcer la nature au-delà des barrières de son jardinet. Voudrait-on détourner à tout jamais les populations de tout effort écologique, pourtant nécessaire, voudrait-on démontrer au monde entier l’inutilité de toute concertation générale sur la préservation d’une planète vivable, voudrait-on enfoncer dans les esprits la totale incapacité des politiques à prendre quelque décision que ce soit plus lourde que l’emprisonnement des mineurs ici ou l’autorisation des fusils de chasse pour tous ailleurs, qu’on ne s’y serait pas pris autrement. Dans la foulée de cet accord, historique en ceci qu’il restera pour l’avenir le plus ridicule document que l’humanité ait produit (pour parodier Aragon parlant de Makarenko), les mêmes chefs d’état pourraient se réunir annuellement dans une capitale choisie pour sa neutralité, et y décider, une année après l’autre, de : - limiter la vitesse des cyclones à 150 km/h. en ville - réduire les éruptions volcaniques de cinquante pour cent dans les trente ans. - supprimer les séismes dans les zones habitées - augmenter progressivement la durée du cycle d’activité solaire - interrompre la tectonique des plaques pour éviter l’augmentation du temps de trajet Amérique-Europe - inverser la précession pour que l’horoscope ne soit plus contredit par l’astronomie - ralentir la rotation terrestre pour passer progressivement à des journées de travail de quinze heures. Tomber d’accord sur de tels changements ne coûtera rien à personne, pas plus que n’aura coûté l’accord de Copenhague. Et comme celui-ci, tous ces documents finalement compilés symboliseront les deux seules choses sur quoi les politiciens du monde sont capables de s’accorder : la démagogie propre aux démocraties, et le foutage de gueule propre aux dictatures. Réconcilier ces deux concepts ne vaut-il pas un Copenhague tous les ans ? A condition bien sûr que j’aie bien compris le message émis par la conférence. En fait, ce que j’ai entendu dire aux média est « l’engagement de faire BAISSER la température de la Terre de deux degrés »… Mais là j’ai juste ri.
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